Le Zimbabwe votait ce mercredi pour élire son président, ses députés et ses maires. L’enjeu de ce scrutin est la réélection du despote Robert Mugabe, au pouvoir depuis l’indépendance de ce pays de 13 millions d’habitants, en 1980. A 89 ans, il est le plus vieux chef d’Etat au monde, ce qui ne l’empêche pas de briguer un nouveau mandat.
Libérateur de l’ancienne Rhodésie du Sud, marxiste et révolutionnaire, «Camarade Bob» s’est transformé en tyran, plongeant le pays dans le chaos. Son bilan économique et social est désastreux. 70% de la population est aujourd’hui au chômage dans un pays qui fut autrefois un des plus prospères d’Afrique.
Lors des dernières élections, en 2008, Robert Mugabe est battu au premier tour par son rival Morgan Tsvangirai, politique libéral de 61 ans. Ses partisans déclenchent des expéditions punitives, tuant et torturant les opposants. Pour faire cesser les massacres, Tsvangirai se retire de la course. En 2009, la communauté internationale oblige Mugabe à le nommer Premier ministre pour former un gouvernement d’union nationale.
Le Zimbabwe a d’abord connu un essor économique hérité de la colonisation du Royaume-Uni. Suite aux grandes sécheresses des années 90, Mugabe lance une réforme agraire. Elle s’avèrera catastrophique. Les terres qui appartenaient en grande partie à la minorité blanche sont confisquées. Elles sont distribuées à des agriculteurs noirs, sans équipement ni formation. La production agricole s’effondre. De son côté, la désorganisation de l’exploitation des ressources minières mène à la ruine un pays aux ressources pourtant abondantes (platine, charbon, or, diamant, chrome, nickel, cuivre, fer…).
Le Zimbabwe est classé dans les derniers sur l’indicateur de développement humain. L’espérance de vie y est de 52 ans. Rejeté par la communauté internationale, Robert Mugabe reste pourtant populaire auprès d’une grande partie de la population, notamment les ruraux et les personnes âgées.
Cette année, le président sortant a promis de respecter le résultat du scrutin, quel qu’il soit. Mais des fraudes sur les listes électorales ont déjà été dénoncées par l’opposition, alors que les observateurs de l’Union européenne ont été interdits d’entrée.
Les sondages annoncent un résultat plutôt serré, qui a toutes les chances de déboucher sur un deuxième tour, a priori plus favorable pour l’opposant Morgan Tsvangirai, habitué aux alliances et aux coalitions. Les résultats du premier tour de la présidentielle ne sont pas attendus avant lundi, un éventuel deuxième tour sera organisé le 11 septembre si aucun des deux candidats n’obtient 50% des voix.
Source: http://www.liberation.fr