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Le 24 juillet dernier, laCommission Nationale Electorale Indépendante(Céni) annonçait par la voix de son président,Abdellahi Ould Soueid’Ahmed, la tenue d’un Recensement Administratif à Vocation Electorale (RAVEL) prévu pour démarrer à partir du 25 juillet jusqu’au 7 septembre 2013, sur l’ensemble du territoire national.
Une opération qui concerne tous les mauritaniens âgés de 18 ans et plus détenteur d’une carte d’identité biométrique délivré par l’ANRPTS à la suite de l’enrôlement biométrique organisé par ses services. En ce qui concerne les Mauritaniens établis à l’étranger, il est prévu des équipes de la Céni qui vont s’y rendre pour recenser ceux d’entre eux en âge de voter et qui ont obtenu la carte d’identité biométrique.
Malgré cette annonce, peut-on dire que ces élections vont se dérouler aux dates prévues initialement avec ou sans l’opposition ?
Ou est-ce une nouvelle entourloupe que prépare Ould Abdel Aziz pour laCoordination de l’Opposition Démocratique (COD), la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP) à laquelle s’est jointe l’Alliance Patriotique (AP) regroupant le Mouvement Pour la Refondation (MPR) de Kane Hamidou Baba, leRenouveau Démocratique (RD) de Moustapha Ould Abeïdarahmane et PND-Adilde Yahya Ould Amed Waghef l’ancien premier ministre sous l’ère de Sidi Ould Cheikh Abdellahi destitué par les militaires au pouvoir actuellement ?
Visiblement le chef de l’Etat ruse beaucoup avec la tenue incertaine de ces élections municipales et législatives aux dates indiquées par la Céni. Une Céni,faut-il le préciser, dont l’indépendance est mise en doute.
A y regarder de près, l’opération du Ravel ressemble à une manœuvre de diversion destinée à l’Opposition, toutes tendances politiques confondues, visant l’effrayer et ainsi la pousser à réclamer un énième report de ces élections. Une manière sans doute de rejeter la responsabilité du report de ces élections sur l’opposition dans son ensemble.
Une perspective qu’il serait prêt à accepter suivant ses calculs politiques. De la sorte, Ould Abdel Aziz peut rejeter la responsabilité de ce différé sur l’opposition pour se dédouaner aux yeux de la communauté nationale et internationale. Mais pour autant que la manœuvre soit grotesque, l’opposition sera-t-elle prête à jouer à ce jeu face à un homme qui les a toujours roulés dans la farine ?
Signalons que dans l’entourage présidentiel et le milieu de l’UPR on avance le mois de février 2014 pour la tenue des élections municipales et législatives. Mais d’ici à cette nouvelle date, qu’aura lâché le Pouvoir pour permettre à l’opposition d’y participer pleinement ?
Sans risque de se tromper, rien sinon de persister dans son intransigeance à tenir de manière unilatérale les trois scrutins (municipal, législatif et présidentiel). Toutes ces manœuvres politiques risquées n’auraient pas eu lieu si Mohamed Ould Abdel Aziz n’était pas candidat à sa propre succession pour briguer un second mandat à la tête du pays le18 juillet 2014.
Reste à savoir si l’opposition va se prêter à ce jeu de dupes. Pour l’heure, elle a montré ses couleurs. Ainsi, par la voix de Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP et dont le parti est un membre très influent de la COD, qui n’y est pas allé du dos de la cuillère pour déclarer clairement que l’Opposition s’emploiera par tous les moyens pacifiques à faire échouer ces élections.
Plus récent encore, le coup de gueule de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP), une opposition se disant modérée qui voit le démarrage de ce Ravel engagé par la Céni, comme un coup de poignard asséné dans le dos du partenaire ayant accepté de dialoguer pour sortir de l’impasse politique qui perdure depuis 2009.
Moussa Diop
Source: http://cridem.org |