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"Le mouvement de l’initiative pour la résurgence abolitionniste a publié ce mercredi 7 Septembre une déclaration dans laquelle,elle appelle les participants au dialogue initié par le pouvoir du « général » Ould Abdel Aziz de placer au centre de leurs discussions les défis qui entravent l’encrage de la démocratie.
L'IRA est pour l'éradication de toutes les formes de discriminations qui sévissent en Mauritanie et elle lutte pour que les droits de l'homme soient respectés, a précisé la même déclaration. Pour l'IRA,la population noire en Mauritanie doit jouir des mêmes droits et devoirs que l'autre composante du pays,parce que les haratins sont des citoyens mauritaniens.
L’exigence de l’égalité se double du contentieux historique de la réparation : pour redonner sens au sacrifice de générations d’esclaves fauchés sur l’autel de l’accomplissement et du confort de leurs maitres, nous attendons de l’Etat qu’il reconnaisse la faute originelle et rachète, en espèces et partage du pouvoir, les siècles d’oppression imposés à l’espèce noire, en Mauritanie, selon le document publié par le mouvement.
IRA a déclaré qu'elle se manifestera contre toute ruse rhétorique ou conceptuelle qui différerait ou tenterait de diluer, dans l’ordre des urgences nationales, le scandale, passé et actuel, des pratiques multiformes de l’esclavage, des discriminations induites et de la ségrégation raciale, entretenues, avec le concours actif ou la complicité de l’Etat, contre les populations noires de Mauritanie.
Selon l’organisation abolitionniste, pour éradiquer définitivement le phénomène et enrayer ses séquelles, il importe de :
1- Rappeler l’actualité de son existence sur l’espace mauritanien et s’inscrire, en faux, des propos inadmissibles et injurieux de Mohamed Ould Abdel Aziz quand il ne s’est pas gêné, le 5 août 2011, lors d’une émission en direct sur l’unique chaine de télévision publique, de nier la permanence de ce crime, encourageant ainsi l’administration (walis ou gouverneurs des régions, hakems ou préfets des départements, etc.), les organes judiciaires et surtout les responsables des appareils de sécurité, à suivre l’instinct de caste, qui les pousse à se dresser en travers de la loi, pour mieux protéger leur condition.
2- Appliquer l’ensemble des dispositions de la loi 0048-2007 incriminant et sanctionnant les pratiques de l’esclavage, notamment, l’article 12 qui stipule d’emprisonner et d’amender les walis, hakems, chefs d'arrondissements, officiers ou agents de police judiciaire ne donnant pas suite aux dénonciations portées à leurs connaissance ;
3- Créer, comme prévu lors de la promulgation de loi 0048-2007, un office national, parmi d’autres mesures d’accompagnements suggérées, pour assister les victimes, les prendre en charge, leur accorder des formations professionnelles et les subventionner, aux fins de l’autonomie individuelle ;
4- Déconstruire la tenure tribale et féodale de la terre, vecteur de faiblesse de l’autorité publique où s’ancre l’hégémonie sur les populations serviles Hratin, privées, alors, de la jouissance de la propriété.
5- Régler tous les dossiers d’esclavage soumis à la juridiction nationale s’impose, comme démonstration de la rupture : attendent, alors, un dénouement, les affaires de Aïchetou Mint M’Bareck, M’Braka Mint Essatine,Hasniya mint Bebe, Houweija mint Mohamed Lemine, Salka mint Zaid, Meima mint Omar, Fatimetou mint Maata Moulana, Hana Mint Mariya, les frères Saïd et Yarg dont l’un des maîtres croupit, pourtant, en prison. Le dernier en date celui d’Oueïchita Mint Mohamdy, fillette de dix ans toujours portée disparue en dépit des charges d’esclavage présumé, retenues contre Aïcha Mint Seïbott qui la soumettait à la servitude par ascendance, suscite de graves inquiétudes sur l’évolution du négationnisme, de la tonalité verbale, à l’acte d’enlèvement, voire d’homicide prémédité.
6- Libérer le prisonnier Boulkheir Cheikh Dieng condamné à un an de prison .
7- Revoir, avec les associations crédibles d’assistance aux victimes, le Programme pour l’Eradication des Séquelles de l’Esclavage d’un budget de 250 millions de dollars américains, pour éviter qu’il ne serve - cruelle ironie - à l’enrichissement des maîtres;
8- Organiser une campagne médiatique sur les lois réprimant les pratiques esclavagistes, avec une formation annuelle
Source : Alakhbar |