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Des affrontements et bombardements ont été signalés mardi par l'opposition syrienne à Alep et dans la région d'Idlib (nord-ouest), dans la province de Daraa (sud) et dans des faubourgs de Damas. L'ex-Premier ministre a assuré que le régime était près de s'effondrer et exhorté militaires et politiques à faire défection comme lui.
"Le régime est au bord de l'effondrement moralement et économiquement", a déclaré Riad Hijab lors d'une conférence de presse à Amman, s'exprimant pour la première fois en public depuis qu'il s'est enfui en Jordanie avec sa famille la semaine dernière. Selon son porte-parole, Mohammad Otari, il n'avait accepté le poste de Premier ministre le 23 juin que sous la menace de la mort.
Plus haut responsable du régime à avoir changé de camp à ce jour, Riad Hijab a affirmé qu'il était "impuissant à faire cesser l'injustice". Il a appelé les "dirigeants honorables" de son pays à l'imiter et "l'armée à suivre l'exemple des armées d'Egypte et de Tunisie en se rangeant du côté du peuple".
Pendant ce temps, Buthaina Shaaban, conseillère politique et en communication du président syrien Bachar el-Assad, se rendait à Pékin pour rencontrer le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi. Le porte-parole du ministère, Qin Gang, a précisé que son pays envisageait d'inviter également des personnalités de l'opposition syrienne.
La Chine et la Russie sont vivement critiquées par l'Europe et les Etats-Unis notamment pour avoir mis leur veto à des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui auraient pu ouvrir la voie à des sanctions contre la Syrie.
Pékin souhaite que le gouvernement de Damas et l'opposition trouvent une solution politique pour mettre fin à la guerre civile. L'opposition estime que le conflit a fait au moins 20.000 morts depuis le début du mouvement de contestation, initialement pacifique, en mars 2011.
Par ailleurs, le Hezbollah a démenti "catégoriquement" dans un communiqué mardi l'appartenance à son organisation d'un homme capturé à Damas par les rebelles.
La guerre civile a ravivé les tensions religieuses en Syrie. Plusieurs attaques et enlèvements imputés aux rebelles ont visé des chiites libanais, iraniens ou irakiens en Syrie ces derniers mois. De nombreux insurgés les considèrent comme des partisans d'Assad. Le régime est en effet dominé par des alaouites, une branche du chiisme, alors que la majorité des Syriens sont sunnites.
Dans la vidéo fournie par l'insurrection et diffusée par la chaîne panarabe Al-Arabiya mardi, le prisonnier dit s'appeler Hassane Salim al-Mikdad et faire partie de 1.500 combattants du Hezbollah, "des tireurs d'élite pour la plupart", envoyés en Syrie le 3 août. Il ajoute que le chef du mouvement chiite libanais, Cheikh Hassan Nasrallah, a demandé aux hommes avant leur départ de "soutenir le régime chiite et l'armée chiite contre les bandes armées sunnites". L'authenticité de l'enregistrement ne peut être vérifiée.
L'opposition syrienne accuse régulièrement le "Parti de Dieu", qui dément, de fournir des combattants à Damas. En mai, les rebelles ont capturé onze chiites libanais qui venaient de Turquie et se rendaient au Liban. Un peu plus tôt ce mois-ci, ils ont aussi fait prisonniers 48 Iraniens près de Damas. Ils affirment que certains sont des Gardiens de la Révolution, corps d'élite, en "mission de reconnaissance", alors que l'Iran les présente comme des pèlerins. En juillet, 23 chiites irakiens ont été tués en Syrie, selon l'organisation confessionnelle Shiite Rights Watch basée à Washington.
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