| Pro et anti-Kadhafi :la guerre sanglante |
Pendant que le « Colonel » multiplie les interventions dans les médias internationaux, ses affidés bombardent l’Est du pays, depuis samedi après-midi, faisant des centaines de morts parmi les civils. Plus isolé que jamais sur la scène internationale, Mouammar Kadhafi a accusé la France « d’ingérence » dans les affaires intérieures libyennes, sur France 24,
après le soutien apporté par Paris au Conseil national libyen, l’instance dirigeante de l’insurrection. A Washington, la pression augmente sur l’administration du président Barack Obama pour fournir une assistance militaire aux insurgés et neutraliser l’aviation du colonel, soit par une zone d’interdiction aérienne, soit par une destruction des pistes des aéroports.
« On pourrait bombarder les aéroports et les pistes et les rendre impraticables pendant un certain temps », a noté sur CBS le président démocrate de la Commission des affaires étrangères du sénat, John Kerry. Le sénateur républicain John McCain a quant à lui suggéré que Washington pourrait fournir une assistance technique aux insurgés, ainsi que des moyens de renseignements. L’Italie a indiqué avoir établi des contacts « discrets » avec le Conseil national libyen formé par les insurgés à Benghazi (Est), afin d’aider à la recherche d’une solution à la grave crise que traverse le pays. Une équipe diplomatique britannique, venue établir des contacts avec l’opposition à Benghazi, a dû quitter le pays. L’opposition libyenne a déclaré avoir arrêté les Britanniques et les avoir retenus plusieurs jours parce qu’ils étaient entrés dans le pays « de manière non officielle et sans aucun accord préalable ». Une situation opprimante L’ancien ministre jordanien des Affaires étrangères Abdelilah Al-Khatib a été chargé par l’ONU d’entreprendre des « consultations urgentes » avec le gouvernement de Mouammar Kadhafi, sur les combats dans le pays et doit travailler sur la crise humanitaire qu’ils ont provoquée. Dimanche soir, l’ONU a demandé un accès d’urgence aux victimes « blessées et mourantes » des bombardements de ces derniers jours. Des habitants ont fui lundi matin Ras Lanouf, poste avancé de la rébellion dans l’est libyen, avant un raid mené par les forces loyales au colonel, dans une nouvelle tentative du régime de mater l’insurrection qui secoue le pays depuis trois semaines. Dimanche déjà, deux raids avaient visé Ras Lanouf sans faire de victimes. Ben Jawad, où les insurgés étaient arrivés samedi après-midi et d’où ils espéraient rallier Syrte, à une centaine de kilomètres à l’ouest, a été reprise dimanche par les forces loyales à Mouammar Kadhafi. « Nous avons entendu dire qu’ils (les pro-Kadhafi, ndlr) arrêtaient et enlevaient des gens et nous devons partir maintenant », a expliqué un père de famille en compagnie de ses deux enfants installés à l’arrière de la voiture, à l’AFP. Certains habitants tentaient de rejoindre l’ouest au-delà de Ben Jawad, en territoire pro-Kadhafi, en dépit des mises en garde des rebelles. Douze personnes ont été tuées et plus de cinquante blessées dans les combats à Ben Jawad, selon un nouveau bilan de source médicale communiqué lundi. L’armée libyenne a déjà tenté, ces derniers jours, de lancer une contre-offensive pour stopper la progression des insurgés, bombardant Ajdabiya et Brega, à l’ouest de Benghazi. Mais l’insurrection, un mélange de jeunes sans réelle expérience du combat et de militaires ralliés à l’opposition, a réussi à garder le contrôle de Brega à Ras Lanouf. « L’ordre des forces armées est de prendre des positions défensives, de ne pas engager l’ennemi, sauf si celui-ci passe à l’offensive », dévoile le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaaim. Un pont aérien international se poursuivait à Djerba (sud de la Tunisie) pour rapatrier des milliers de réfugiés égyptiens ayant fui la Libye. Plus de 191.000 personnes ont fui à ce jour les violences. Et environ 10.000 personnes déplacées se dirigeaient vers la frontière égyptienne, selon l’ONU. Sur le plan économique, le patron de l’exploration du groupe pétrolier espagnol Repsol a estimé que la situation en Libye ne devrait pas provoquer de pénurie de pétrole car la production du pays pourrait être remplacée par les réserves stockées en Arabie Saoudite. Lundi après midi, les forces loyales à Kadhafi annonçaient être en route pour « libérer » Benghazi, fief de la rébellion libyenne. source: http://www.lesoir-echos.com |
| Mardi, 08 Mars 2011 10:30 |
Pendant que le « Colonel » multiplie les interventions dans les médias internationaux, ses affidés bombardent l’Est du pays, depuis samedi après-midi, faisant des centaines de morts parmi les civils. Plus isolé que jamais sur la scène internationale, Mouammar Kadhafi a accusé la France « d’ingérence » dans les affaires intérieures libyennes, sur France 24,
après le soutien apporté par Paris au Conseil national libyen, l’instance dirigeante de l’insurrection. A Washington, la pression augmente sur l’administration du président Barack Obama pour fournir une assistance militaire aux insurgés et neutraliser l’aviation du colonel, soit par une zone d’interdiction aérienne, soit par une destruction des pistes des aéroports.